La puissance du féminin, interview de Lucille Fauque

Cercles de femmes, féminin sacré, honorer sa féminité, sont autant de termes de plus en plus utilisés et présents dans notre quotidien. Effet de mode ou véritable courant ? Nous avons voulu en savoir un peu plus en partant à la rencontre de Lucille Fauque spécialiste du sujet et organisatrice de Cercles de Femmes dans notre studio de la rue Estelle.

Bonjour Lucille, peux-tu te présenter en quelques mots ?

Bonjour Merryl 🙂

Je m’appelle Lucille, j’ai 40 ans, originaire de la région je viens m’y réinstaller après avoir passé 15 ans à Paris. J’aime beaucoup voyager, la nature, différentes formes de spiritualité. Il y a une 10ne d’années j’ai quitté un cadre de vie sécurisant pour aller vers ma passion, l’étude de la vie 🙂 Je me suis formée à la psychothérapie, à l’énergétique, la sophrologie l’hypnose et au rebirthing, une pratique puissante de respiration. Je sentais que mon épanouissement passait par ma féminité alors je me suis ensuite formée (300H) à ce qu’on appelle « le féminin sacré ». C’est vraiment ce lien avec le féminin en moi qui me permet de m’aimer pleinement, d’aimer la vie, d’avoir l’énergie de créer et d’être en paix dans mes relations (le plus souvent 🙂 ).  Depuis je propose autant que possible ces espaces dans lesquels circulent la bienveillance, l’amour, l’authenticité. Je crois que c’est important d’avoir des moments sacrés comme ceux là pour pouvoir amener plus de ces valeurs dans le monde et le quotidien.

En quoi consiste les cercles de femmes que tu organises ? Quels objectifs poursuis-tu et quelles transformations proposes-tu aux femmes intéressées ?

Il faut voir le Féminin et le Masculin comme deux énergies complémentaires qui existent en nous tous. L’une n’est pas meilleure que l’autre c’est le déséquilibre qui est dangereux. Depuis longtemps les valeurs féminines ont été très peu présentes et les énergies masculines donc en excès. Ce qui conduit par exemple à une utilisation du mental excessive (au détriment de nos ressentis et intuition), cela mène aussi à une société trop centrée sur elle-même qui a oublié son lien avec la nature, à des relations trop compétitives, des personnes trop autonomes qui ne savent plus vivre en collectif et une vie guidée par le faire et l’avoir plus que par l’être.

On assiste aujourd’hui à une réémergence des valeurs du féminin dans l’écologie, le développement de la spiritualité, le participatif… Mais beaucoup de femmes souffrent encore de trop de rigidité, trop de jugements intérieurs (héritage de siècles d’injonctions et d’interdits), trop de croyances négatives et d’un profond sentiment de déconnexion de soi.

Je pense que c’est aux femmes de reconquérir ce territoire et d’initier le changement afin ensuite de permettre aux hommes aussi de s’harmoniser.

J’amène les femmes à cesser de se juger et plutôt regarder quelles parties d’elles sont blessées, les accueillir et les aimer. Cela passe par se reconnecter à son corps: refuser les jugements extérieurs et s’aimer pour la beauté et la magie de notre corps de femme, qui crée la vie, qui nourrit, ne plus avoir honte de nos émotions mais les vivre profondément et bien sur renouer avec notre désir, notre sensualité et notre plaisir qui sont aussi nos énergies vitales. En cessant de se faire à nous même ce que la société nous a fait pendant des siècles (et qui se passe encore dans beaucoup trop de pays) nous retrouvons la liberté d’être qui nous sommes vraiment. J’amène les femmes à incarner leur valeurs et leur beauté, et à oser se montrer.

Énergies, rituels, valeurs sacrées, féminin sacré, déesses intérieures sont des mots et formules qui reviennent souvent lorsqu’on s’intéresse au sujet. Peux-tu nous en dire un peu plus ?

On parle d’énergie féminine ou masculine pour désigner des caractéristiques, des valeurs universelles qui existent indépendamment du fait que nous soyons homme ou femme. L’énergie n’a pas de forme et passe à travers nous: Si je fais appel à l’énergie de l’amour, ce n’est plus moi (mon égo) qui choisit d’aimer ou non, mais la qualité pure de l’amour que je laisse circuler en moi. On pourrait imaginer une fréquence qui passe par un émetteur qui permet de créer de la musique: Une énergie, amour, compassion, désir … passe à travers nous et prend la forme qui nous ressemble.

Ainsi on dit que l’énergie masculine est une énergie d’action, une énergie pénétrante, droite, l’énergie de la conscience. L’énergie féminine est plus celle de la réceptivité, de l’accueil, du mouvement. Il s’agit d’équilibrer ces énergies, ces courants en nous. Le féminin ou le masculin sacré sont les formes pures de ces « qualités », que l’on ne peut juger, qui émanent de « Dieu » ou si on ne veut pas utiliser ce terme qui sont des manifestation de la Vie. Être dans son féminin sacré (ou masculin) ou être avec sa déesse intérieure signifie reconnaître que le simple fait d’exister est à la fois mystérieux et sacré, et que tout ce qui se passe en moi est profondément respectable. On utilise les rituels dans les cercles de femme pour marquer ce passage à un état de conscience différent, plus ouvert: le simple fait d’allumer une bougie peut être un rituel pour marquer sa présence par exemple. Dans certaines pratiques autour du féminin, notamment celles venant de la tradition tantrique, on fait appel à des déesses pour qu’elles nous soutiennent dans un processus: l’idée est que nous avons tout en nous mais parfois certaines forces sont « dormantes ». Si je veux me libérer de quelque chose, je peux appeler Kali par exemple, déesse du temps, de la mort et renaissance, me la représenter, et acquérir sa force. Pour les hindous c’est un acte religieux, pour nous cela peut être simplement un travail avec un archétype c’est à dire une image qui représente cette qualité que je veux appeler en moi.

Très concrètement, quels types de pratiques proposes-tu ?

Déjà le fait de s’asseoir en cercle en soi est une pratique: nous sommes toutes en lien, il n’y a pas de symbole de « hiérarchie » et chaque cercle est une nouvelle co création ou chaque femme présente y participe. Nous sommes toutes invitées à déposer les masques, les rôles que nous jouons à l’extérieur: peu importe quel est le métier, le statut social, familial … nous sommes en lien non par affinités mais parce que nous partageons le fait d’être une femme.

Selon le thème choisi j’invite les participantes à un temps d’introspection en leur posant des questions qui permettent des prises de conscience. Je propose souvent des temps de méditation ou visualisation, parfois un voyage au tambour pour aller retrouver un archétype que nous avons oublié (la femme sauvage par exemple, ou la « sorcière ») mais qui est toujours présent dans notre inconscient. La danse et le mouvement sont aussi très important, puisqu’il s’agit avant tout de se reconnecter à son corps. Danser son érotisme par exemple peut être très confrontant mais également libérateur. Selon le thème je propose aussi des pratiques pour éveiller nos sens, pour pardonner, pour relâcher ce qui ne nous sert plus (des émotions ou croyances qui ne nous sont plus utiles par exemple) ou pour créer un lien de cœur à cœur. Parfois (surtout pendant une retraite) je vais proposer aux femmes de s’habiller d’une certaine manière, notre vêtement facilitant le fait d’incarner une énergie.

Globalement il s’agit de créer un cadre bienveillant et sécuritaire pour pouvoir faire l’expérience de différentes facettes de nous auxquelles nous avons parfois difficilement accès dans notre vie de tous les jours. Expérimenter que je peux être qui je veux, et qui je suis peut changer d’instant en instant et que toutes ces facettes sont dignes d’amour et de respect. Il se passe à chaque fois quelque chose de différent et c’est toujours très beau de voir les cœurs s’ouvrir, de voir des femmes oser montrer un peu plus qui elles sont à chaque fois.

  • En savoir + sur Lucille et ses Cercles de Femmes :

facebook.lucille.fauque
lucille-fauque.com
>>>  Lucille organise deux Cercles de Femmes dans notre studio de la rue Estelle les 11 et 25 mai <<<

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